Hansel et Gretel

after the Grimm brothers
Freely adapted and directed by Rose Martine
Saison 2020-2021
Du 16 December au 10 January
Durée 1.15
Lieu Studio
Hansel et Gretel
One of the Grimm brothers’ most popular tales, Hansel and Gretel tells how a couple decides to abandon their children in the forest so as not to succumb to famine.

Discover the play

  • But the children, who are unable to sleep because they are so hungry, overhear their parents’ conversation. Hansel has the idea of filling his pockets with pebbles to be dropped along on the way so they can find their way back. When the parents repeat their plan, the journey back is much longer. Hansel has only a piece of bread left and the crumbs he drops are eaten by birds. The alluring gingerbread house they pass on the way turns out to be the home of a witch with cannibalistic tendencies, from whom they escape thanks to cunning and helping each other.

    The young director Rose Martine, a Guyanese of Haitian origin, invents a world that extends the moral of the tale written in nineteenth-century Germany by the Grimm brothers through the “para-supernatural” culture in which she grew up, where reality is populated by witches, spirits and animals. Recalling her own enjoyment of getting lost in “her” forest, she has conceived this adaptation in line with a tradition marked by orality, transmission and ritual. The key moments of the tale are embellished with Haitian nursery rhymes, Creole songs and delightful dialogues in which humour and dreams save the day. Amidst the sounds of a wild forest, the characters are accompanied by a storyteller, a tribute to the great Haitian figures Mimi Barthélémy, Jacques Stephen Alexis and Alibée Féry, who have helped to perpetuate this heritage. We can already hear the traditional opening question asked by the actor-storyteller: “Est-ce que la cour dort?”, waiting for the response “Nooooon, la cour dort pas!” that will mark the start of our two heroes’ adventures.

    • Mesures sanitaires : le port du masque et la distanciation physique sont obligatoires. L'entrée de nos théâtres sera interdite aux personnes s'y refusant et les billets ne seront pas remboursés.

    Compte tenu de l’instabilité du contexte sanitaire et des mesures relatives à l’accueil du public, nous mettrons en vente les spectacles au fur et à mesure de la saison.
    Nous vous informons par courriel, sur notre site Internet et nos réseaux sociaux des prochaines ouvertures de vente.

    Avec le mécénat de Haribo Ricqlès Zan

    À l’aube de l’école républicaine, la création d’abonnements (1873) et de matinées classiques (1878) contribue à l’enrichissement de la culture classique des enfants de la bourgeoisie qui découvrent ainsi les chefs-d’œuvre du théâtre dans des conditions exceptionnelles. Le jour de ces matinées glisse au gré des rythmes scolaires et le concept de « classique » perdure jusqu’à la charnière des XXe et XXIe siècles. Le rattrapage sur les propositions faites au jeune public s’accélère à partir de 2003 avec une programmation, des créations et des initiatives spécifiques, à l’intention des élèves et étudiants qui représentent aujourd’hui une part non négligeable des spectateurs(plus de 20% ont moins de 28 ans).

    C’est avec le théâtre contemporain de Fabrice Melquiot, que l’histoire a commencé en 2003, essentiellement au Studio-Théâtre. Son conte poétique et quotidien Bouli Miro réunit adultes et enfants, avant qu’il n’écrive une suite pour la Comédie-Française, Bouli redeboule (2005), « accessible aux enfants » que le texte de théâtre ne peut qu’aimer pour leur plaisir précoce à « jouer avec la vie, la mémoire et l’invention ».La musique aussi les initie avec amusement à la poésie de Jacques Roubaud dont le divertissement « tout public », Ophélie et autres animaux (2006), est accessible dès l’âge de six ans.

    Toutefois, le genre théâtral est bientôt éclipsé par le conte, terreau fertile à l’inventivité scénique. Telle une partition musicale, la narration intégrale de deux Contes du Chat perché de Marcel Aymé (Le Loup en 2009 ; Le Cerf et le Chien en 2016) est répartie entre les comédiens et ressort transfigurée de cette nouvelle théâtralité. Seules quelques « didascalies » peuvent être supprimées du Petit prince, selon son metteur en scène Aurélien Recoing qui assimile ce conte à une pièce de théâtre. Si des éléments essentiels, tels que le deuil et la mort dans Les Trois Petits Cochons, sont conservés (2012), le plus souvent, le texte est étoffé (Les Habits neufs de l’empereur en 2010, La Princesse au petit pois en 2013, La Petite fille aux allumettes en 2014) voire adapté à l’époque (La Petite Sirène en 2018) en abordant des problématiques actuelles.

    Le jeune public étant particulièrement réceptif à un spectacle par le biais sensoriel, les metteurs en scène contemporains proposent un renouvellement des formes, parfois radicalement éloignées de l’imagerie enfantine (Les Habits neufs de l’empereur). Rien ne sert d’illustrer le texte, il faut le suggérer. À l’accessoire faisant animal le comédien qui l’incarne (Le Loup, Le Cerf et le Chien, Les Trois Petits Cochons), font écho l’abstraction des décors (l’univers des mathématiques dans Ophélie et autres animaux) et les procédés de transformation de l’espace (La Princesse au petit pois) qui ne vont pas sans rappeler les histoires contées par les enfants en détournant les objets.

    Illusion visuelle par excellence, la magie mise en scène avec de vrais tours (Le Petit Prince) opère aussi grâce aux scénographies innovantes (représentation des mondes marins, récompensée par un Molière de la Création visuelle 2015 pour 20 000 lieues sous les mers et un Molière du Jeune public 2020 pour La Petite Sirène) et à l’usage de la vidéo, puissant vecteur émotionnel.

    Mais sans doute plus que la vue et tout artifice, la voix et le chant, moyens d’expression universels, demeurent viscéralement liés à l’enfance. Dans la lignée des metteurs en scène stimulant les sens par des couplets chantés, spontanément décodables par les enfants et appréciables par les adultes, Rose Martine introduit des chants créoles, emmenant ainsi, pour la première représentation d’un conte de Grimm à la Comédie-Française, Hansel et Gretel vers de nouveaux horizons.

    Florence Thomas
    Archiviste-Documentaliste à la Comédie-Française

    • Visuel : Isabelle Gardien, Alain Lenglet, Coraly Zahonero, Laurent Natrella, Véronique Vella, Mathieu Genet dans Bouli Miro, 2003 © photo Laurencine Lot, Comédie-Française
  • Free adaptation and staging: Rose Martine
    Scenography: Nicolas Verdier of the Comédie-Française academy
    Costumes: Magdalena Calloc’h
    Lights: Pascal Noël
    Original music and sound: Daniele Guaschino
    Artistic collaboration: Charlaine Nezan

Casting