Singulis / Ex-traits de femmes

devised and performed by Anne Kessler
Saison 2021-2022
Du 8 June au 29 June
Singulis / Ex-traits de femmes
“Louison, Agnès, Armande, Henriette, Arsinoé,Célimène, Elvire, Madame Pernelle, Dorine... all so different but all comingfrom one and the same heart, that of Molière.

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  • In these Ex-traits de femmes, I would like togive the impression that they are one and the same person at different times inher life, or that they are sisters, so prominent is this air of family theyshare, which allows them to recognise each other and which the world perceivesin their common expressions.

    A text that is one and the same too, imagining thatMolière’s pen has not left his hand, guided by his inspiration, to insert theseportraits in one single painting.

    The production will integrate animation sequences toexpress the unconscious, the inexpressible, to make ghosts appear. The artist’sline linking together all these people who betray, lie, question, probe and saywhat’s on their mind, in a word, who love.

    A life in one hour, one hour of life.”

    Anne Kessler

    New production

    Enfermées, soumises à l’autorité d’un père, d’un mari…, les figures féminines du répertoire moliéresque ne sont pas pour autant des personnages fantoches. Seules, ou plus souvent unies, elles déjouent les projets du maître de maison, usent des stratagèmes les plus fous et n’hésitent pas à se mettre elles-mêmes en scène pour parvenir à leurs fins.

    Entouré de femmes cultivées et indépendantes, Molière ne pouvait rester insensible à la condition féminine, qu’il met au centre de plusieurs de ses grandes comédies. Le dramaturge reprend des thèmes discutés dans les salons de son temps, notamment l’éducation des femmes, mais aussi les questions du désir, de la jalousie, ou encore du cocuage.

    Molière peint ainsi des femmes de tout âge, de tout statut : des bourgeoises, des servantes, des pédantes, des amoureuses, des lettrées… Mais pas, ou peu, de mères, excepté l’acariâtre Mme Pernelle du Tartuffe, la cupide Béline du Malade imaginaire et la perspicace Mme Jourdain du Bourgeois gentilhomme. Cette absence laisse les jeunes filles totalement livrées au pouvoir du père et interroge sur la sororité de ces douces figures que sont Agnès (L’École des femmes), Mariane (Le Tartuffe), Lucile (Le Bourgeois gentilhomme), ou encore Angélique (Le Malade imaginaire). Ces dernières tentent, avec la complicité de leurs servantes, d’échapper à un mariage forcé. Des servantes que Molière, dans la tradition des servantes de farce, peint « un peu trop forte en gueule[s], et fort impertinente[s] ». Quatre soubrettes dominent son théâtre : Martine (Le Médecin malgré lui), Toinette (Le Malade imaginaire), Nicole (Le Bourgeois gentilhomme) toutes en provocation, et Dorine (Le Tartuffe), qui s’oppose plus frontalement encore au maître de maison.

    Il est aussi de ces femmes qui aspirent au désir et à l’indépendance : Elvire, amoureuse bafouée par Don Juan, Agnès de L’École des femmes qui puise en elle les ressources de son émancipation, ou encore Célimène du Misanthrope pour qui le veuvage est un puissant allié dans la recherche de liberté.
    Dans Les Femmes savantes, dernière grande pièce de Molière consacrée aux femmes, le schéma patriarcal et l’équilibre familial sont mis à mal. Si Philaminte et sa fille ainée, Armande, cultivent leurs savoirs, Henriette, la cadette, ne saurait renoncer pour autant aux joies du mariage. Mais un fil les relie, peut-être, celui de l’amour sincère auquel toutes rêvent encore en secret…

  • Design, interpretation and graphic animation: Anne Kessler
    Lighting: Éric Dumas

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