Hécube, pas Hécube
translated by Thomas Resendes
Du 28 May au 21 July
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With aesthetics revolving around directly addressing the audience, he mixes the timeless musings of an ancient Trojan woman with that of a contemporary one, an actress and mother facing similar challenges. Tiago Rodrigues usually says he does not write for the theatre, but for the actors. In this production, an actress is rehearsing Euripides’ Hecuba, more specifically, the part of Priam’s widow. Troy’s defeat in the war made her lose everything: her husband, freedom, and, the most painful thing of all, almost all her children. This woman wants to get justice.
The fictional tragedy is painfully close to that of the actress, whose autistic son faced systemic abuse against which she speaks up and tries to fight throughout the play. Alongside rehearsals, the audience witnesses the police investigation. The groundbreaking, crepuscular set highlights the juxtaposition of two worlds unsettlingly blurred into one another, the tragedy of the myth mixed with the pain of real life, the rules of theatre interplayed with that of justice. Following its June 2024 premiere at the Festival d’Avignon, the show is coming to the Salle Richelieu after touring France and Europe, from Greece to the Czech Republic, Slovakia, Serbia, Turkey, Switzerland, Spain, Portugal, Belgium, Luxembourg…NEW PRODUCTION
NEW ADDITION TO THE REPERTOIRE
Premiere on June 30, 2024 at the Carrière de Boulbon – Avignon Festival
A Comédie-Française production
Co-produced by the Avignon Festival
In partnership with the ThéâtredelaCité – CDN Toulouse-OccitanieON TOUR
FRANCE AND EUROPE
SEPT > JANON THE RADIO
FRANCE CULTURE
Broadcast in 25BOOKING OPENS ON
JAN 25À LA RADIO
FRANCE CULTURE
Diffusion courant 25L’Hécube d’Euripide n’a jamais été jouée à la Comédie-Française, à la différence des Bacchantes, d’Électre, ou d’Iphigénie à Aulis. Entre toutefois au Répertoire en 1819 Hécube et Polyxène, tragédie en cinq actes de François-Xavier Bourguignon d’Herbigny. La pièce tombe dès la première représentation, malgré la présence de Mademoiselle Duchesnois, grande tragédienne du Français alors au sommet de sa notoriété.
La mode est alors encore à la tragédie d’inspiration classique ou racinienne. Que ce soit la figure dominatrice d’Andromaque, les princesses Iphigénie ou Bérénice, les héroïnes tragiques de Racine sont des figures de proue qui traversent les siècles ; et ce depuis la Champmeslé qui crée le rôle de Bérénice en 1670, en passant par Adrienne Lecouvreur au XVIIIe, jusqu’à Rachel, qui renouvelle la tragédie antique au cœur d’un XIXe siècle qui a pourtant basculé dans le romantisme.
La comédie fournit aussi ses figures de femmes de caractère. Les servantes de Molière sont si astucieuses qu’elles en deviennent les véritables moteurs de l’action, telle Dorine qui mystifie Orgon (Tartuffe), la Toinette qui ridiculise Le Malade imaginaire. Ce sont parfois des figures plus effacées qui s’avèrent étonnamment puissantes, comme la modeste et timide Agnès, dans L’École des femmes de Molière, dont la jeune Isabelle Adjani donne une interprétation remarquée sur les planches du Français en 1973.
Les rôles féminins des comédies du XVIIIe siècle ne se contentent plus de faciliter la résolution de l’intrigue : ils participent à une contestation générale de la société. Ainsi, celles des pièces de Marivaux et Goldoni annoncent la prise de pouvoir et la révolte qu'on retrouve à son paroxysme dans Beaumarchais. Les servantes se révoltent contre les maîtres, les filles se révoltent contre les pères, les femmes se révoltent contre les maris...Certaines jugent même bon de s’en passer tout à fait, telle la fameuse aubergiste de Carlo Goldoni restée célèbre sous son appellation italienne de locandiera (la pièce homonyme fit son entrée au Répertoire en 1981, dans une mise en scène de Jacques Lassalle, avec Catherine Hiegel dans le rôle-titre).Et pourquoi pas une femme toute seule sur scène ? La Voix humaine de Jean Cocteau est créée en 1930 à la Comédie-Française : un « seul-en-scène » avant l’heure, où Berthe Bovy joue une femme en proie aux affres de la passion et de la jalousie, avec pour seul partenaire ce nouvel instrument des relations amoureuses qu’est devenu… le téléphone.
En 1944, l’Antigone de Jean Anouilh créée sous l’Occupation, constitue l’incarnation de la Résistance faite femme. La pièce est jouée en 2012 au Théâtre du Vieux-Colombier, puis inscrite au Répertoire et jouée à la Salle Richelieu (mise en scène de Marc Paquien, avec Françoise Gillard dans le rôle éponyme). Quant à la Mère Courage de Brecht (1941), elle entre au Répertoire en 1998, dans une mise en scène de Jorge Lavelli.Femmes fortes, les comédiennes le sont bien souvent. Personnalités marquées, caractères affirmés, figures d’autant plus remarquables en des temps où était bien assignée la place du « sexe ». Ainsi la « présidente de Tourvel », l’une des protagonistes des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos (enregistrées par les Comédiens-Français pour la radio en 1959 et en 1972) n’est autre que la femme du président. La pharmacienne (titre d’une nouvelle de Tchekhov, lue par Alain Lenglet en 2020 dans La Comédie continue, programmation en ligne de la Comédie-Française) n’est autre que la femme du pharmacien. Et « la place d’une femme est auprès de son mari », vieil adage qu’Horváth fait répéter à la comtesse Almaviva à l’attention de Suzanne dans Figaro divorce (1935).
Or, à la Comédie-Française et depuis sa création en 1680, les actrices ont les mêmes droits que les acteurs, dont celui de voter en assemblée pour l’établissement du Répertoire, et pour les grandes décisions concernant la Troupe.
On les appelle souvent « Mademoiselle ». Ainsi, « Mademoiselle Contat » crée le rôle de Suzanne dans Figaro, ou « Mademoiselle Lange » celui de Pamela. C’est cette pièce d’ailleurs, coupable d’être trop peu révolutionnaire en pleine Terreur, qui provoque à l’été 1793 la fermeture du théâtre et l’arrestation de la Troupe… Femmes fortes, là aussi, que les sœurs Contat, Mesdemoiselles Lange ou Raucourt, vedettes des théâtres qui se retrouvent embastillées, jugées, promises à la guillotine… à laquelle elles échappent de justesse (grâce aux astuces administratives de l’ancien acteur Labussière qui se prolongent jusqu’à la chute de Robespierre). Célèbre héroïne de ces temps sanglants, Charlotte Corday est le titre de deux pièces mises en scène créées à la Comédie-Française par Régnier-Destourbet (1831), et surtout par François Ponsard (1850) avec Julie Judith dans le rôle-titre… refusé par Rachel.La topographie même de la Salle Richelieu témoigne encore de la présence de ces femmes emblématiques. Mademoiselle Mars, dont un étage de la Comédie-Française conserve le nom, crée Hernani de Hugo (1830), événement littéraire et politique dont la « Bataille » est restée célèbre. Rachel, auquel le dernier étage doit son nom, est devenue au milieu du XIXe siècle non seulement la vedette du Français, mais sa patronne officieuse, et l’administrateur Houssaye passe pour son protégé.
Ces femmes qui montent sur les planches, on les appelle parfois avec un article défini : « La Champmeslé », « La Vestris », usage qui provient vraisemblablement de l’italien, dans lequel il s’est maintenu jusqu'à nos jours.
Il faudrait citer encore Suzanne Lalique, artiste célèbre de l’entre-deux-guerres et qui fut aussi directrice des ateliers de décors et costumes pendant un quart de siècle,Catherine Samie, doyenne de la Troupe pendant près de vingt ans à partir de 1988, ou Muriel Mayette-Holtz, première femme à occuper les fonctions d’administratrice générale en 2006.
Et puis bien sûr les « authrices » : c’est le terme qui figure dans les registres de la Comédie-Française dès la fin du XVIIe siècle, à propos de Mademoiselle de Longchamps. Mais c’est là, sans doute, une autre histoire.Louis-Gilles Pairault
Conservateur-archiviste de la bibliothèque-musée de la Comédie-Française -
Written and directed by: Tiago Rodrigues
Translated by: Thomas Resendes
Scenography: Fernando Ribeiro
Costumes: José António Tenente
Lights: Rui Monteiro
Original music and sound: Pedro Costa
Artistic collaboration: Sophie Bricaire
Documents
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Programme du spectacle « Hécube, pas Hécube ». Texte et mise en scène Tiago Rodrigues, saison 2024/2025.
Casting
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un comédien, interprétant le Chœur et le Second Coryphée ; Bonnefoy, coordinateur général délégué aux maisons d'accueil et un journaliste
un comédien, interprétant le Chœur et la Servante ; Dubois, ancien salarié de la maison d'accueil et un journaliste
une comédienne, interprétant le Chœur et le Coryphée et Nérine, ancienne remplaçante à la maison d'accueil
une comédienne, interprétant le Chœur ; l’Avocate et Loyal, éducatrice à la maison d'accueil