Mademoiselle
Dudlay

311e Sociétaire Entre à la Comédie-Française
le 30 November 1875
soc311

Entrée à la Comédie-Française en 1876 ; sociétaire en 1883 ; retraitée en 1908.

Fille d'un magistrat bruxellois, Adeline-Elie-Françoise Dulait, dite Mademoiselle Dudlay, étudie l'art dramatique au conservatoire de sa ville natale avec Mademoiselle Jeanne Tordeus, elle-même élève de Regnier, Samson et Provost et qui fut pensionnaire de la Comédie-Française.
Un premier prix de Tragédie en 1876 et de chaudes recommandations la font engager la même année à la Comédie-Française par Émile Perrin. Elle débute dans le rôle d'Opimia, Rome vaincue d'Alexandre Parodi.
D'une beauté « antique », douée d'une voix sonore et grave, elle joue dans les années qui suivent presque toutes les héroïnes tragiques de son emploi de « princesse » : Camille (Horace), Chimène (Le Cid), Émilie (Cinna), Pauline (Polyeucte) de Corneille ; Roxane (Bajazet), Hermione (Andromaque), Monime (Mithridate), Junie (Britannicus), Phèdre et Athalie de Racine. Surnommée « la Rachel blonde », elle bénéficie du départ de Sarah Bernhardt en 1880 et est nommée sociétaire en 1883. En 1886, le Comité, qui lui est hostile, décide de ne pas renouveler son engagement. La tragédienne fait appel. Le ministre tranche en renouvelant d'autorité son contrat, entraînant la démission du Comité, aussitôt remplacé.
Elle a créé également Anne de Kerviler de Legouvé (1879), Les Maucroix de Delpit (1883), Par le glaive de Richepin (1892)...

Lors de l'incendie de 1900, elle est sauvée in extremis par les fenêtres. Elle se retire en 1908, après trente et un ans de présence. Sa représentation de retraite fut l'occasion de réunir un nombre impressionnant de célébrités parmi lesquelles Sarah Bernhardt et Julia Bartet, qui dirent La Nuit de mai de Musset.