Michel
Etcheverry
le 30 November 1960
Entré à la Comédie-Française en 1961 ; sociétaire en 1964 ; retraité en 1981.
Il fut d'abord instituteur avant de suivre les cours de Maurice Escande, puis au Conservatoire ceux d'André Brunot et de René Simon, études couronnées par un second prix de Comédie en 1947. Sa rencontre, en 1945, avec Louis Jouvet est décisive. Pendant six années, comme régisseur et comme acteur, il participe aux spectacles montés par Jouvet : Knock, L’École des femmes, Tartuffe, Ondine, Dom Juan...
En 1951, il reprend dans Le Diable et le bon Dieu de Sartre, le rôle tenu par Jean Vilar appelé à la direction du TNP. Après quoi, il interprète L’Alouette d'Anouilh, Sud de Julien Green, Pygmalion de G.-B. Shaw et surtout Le Journal d'Anne Frank (1957/58) au théâtre Montparnasse et L'Annonce faite à Marie de Paul Claudel à l'Œuvre. C'est alors qu'il entre à la Comédie-Française, comédien déjà chevronné dont la diction exemplaire, l'intelligence et l'allure font bientôt un élément indispensable de la troupe. Son physique austère, sa voix profonde et la rigueur de son jeu servent le répertoire tragique comme le drame contemporain. Les grands confidents de Racine (Paulin, Bérénice ; Narcisse, Britannicus), les pères nobles de Corneille (Don Diègue, Le Cid ; Auguste, Cinna ; le Vieil Horace, Horace ; Félix, Polyeucte et Sertorius), le Don Salluste de Ruy Blas sont proches des personnages, à dimension métaphysique, de Claudel (Le Pain dur, L'Otage) et de Montherlant (Malatesta, Le Maître de Santiago, Le Cardinal d'Espagne), comme de ceux de la tragédie antique (Œdipe roi, Œdipe à Colone, Antigone dans la version de Brecht). Mais il joue aussi Gide, Schiller, Shakespeare, Pirandello, Strindberg, Anouilh et T.-S. Eliot.
Dans la comédie classique, il interprète les « manteaux » : Harpagon, Arnolphe, Monsieur de Sotenville de George Dandin, mais aussi les raisonneurs (Béralde, Le Malade imaginaire) et les ridicules (le Maître de philosophie, Géronte, Monsieur Purgon...). Il est un Bazile cauteleux dans Le Barbier de Séville et Le Mariage de Figaro, campe Monsieur Crabtree dans L’École de la médisance de Sheridan, joue Labiche et Feydeau, incarne le cardinal Cibo dans Lorenzaccio de Musset et le Chœur dans On ne badine pas avec l'amour. Il fait une composition d'une drôlerie et d'une finesse remarquables dans La Nuit des Rois de Shakespeare (personnage de Sire André Tremblejoue), donne son poids d'humanité à Monsieur Orgon du Jeu de l'amour et du hasard.
Il excelle aussi dans les personnages inquiétants d'auteurs contemporains comme Audiberti (L’Ouallou), Jacques Sternberg (C'est la guerre, Monsieur Gruber), François Billetdoux (La Nostalgie, camarade...) et Ionesco (La Soif et la faim, dont le frère Tarabas est, de son propre aveu, avec les Montherlant et Auguste de Cinna, l'un des rôles essentiels de sa carrière).
Il a mis en scène André del Sarto et Bettine de Musset, Bajazet de Racine, L’École des femmes de Molière, L'Apollon de Bellac de Giraudoux, Le Carrosse du Saint-Sacrement de Mérimée, Monsieur Le Trouhadec saisi par la débauche de Jules Romains, Les Fausses confidences de Marivaux, Un caprice de Musset et Le Barbier de Séville de Beaumarchais.
À la télévision, où il a beaucoup paru, il fut notamment le Marquis de Lantenac dans Quatre-vingt-treize d'après Victor Hugo, Don Quichotte, le Roi Lear, Un Bourgeois de Calais... sans compter les dramatiques réalisées avec la Comédie-Française. Au cinéma, il a participé à de très nombreux films.
Après le succès remporté par son interprétation du rôle-titre de Sertorius de Pierre Corneille, il a quitté la Comédie-Française et le théâtre, en pleine gloire.
Saisonpassées
-
-
The Miser
by Molière
Directed by Jean-Paul Roussillon
-
-
-
by John Osborne
Directed by Jean-Paul Lucet -
The Miser
by Molière
Directed by Jean-Paul Roussillon
-
-
-
by Georges Bernanos
Directed by Gildas Bourdet
-
-
-
The Bourgeois Gentleman
by Molière
Directed by Jean-Luc Boutté
-