L'Hôtel du Libre-Échange
Mise en scène Isabelle Nanty
Du 10 octobre au 1er janvier
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Lorsque Madame Pinglet, outrée par cette annonce publicitaire, la lit à son mari – qui vient d’y donner rendez-vous à l’épouse de son voisin et associé Monsieur Paillardin – ni l’un ni l’autre n’imaginent encore que tous s’y retrouveront inopinément la nuit suivante. Enchaînant pas moins de 279 entrées et sorties, Georges Feydeau et Maurice Desvallières signent ici un succès, triomphal dès la première représentation en 1894.
L’entrée au Répertoire en mai 2017 de cette pièce à l’incroyable mécanique a été confiée à Isabelle Nanty, artiste à l’esprit libre, aussi sensible à l’humour fou du vaudevilliste qu’à sa personnalité solitaire et mélancolique. Au long de ses multiples compagnonnages artistiques, elle a monté Tchekhov, Ibsen ou Schnitzler comme de grandes comédies populaires. Elle se saisit de cet hôtel hanté par le désir, qu’elle imagine telle une « maison de poupée en coupe où tout se passe simultanément à la face et comme en coulisses », univers confié à Christian Lacroix qui signe en plus des costumes ses premiers décors de théâtre. De cette folle nuit, Isabelle Nanty retient avant tout le sursaut de jeunesse qui surprend les personnages, chacun retrouvant « peut-être pour la dernière fois, dans l’affolement et la peur archaïque de passer à côté de l’amour, cette farouche envie de vie ».Spectacles en audiodescription pour les spectateurs aveugles et malvoyants :
- mardi 21 novembre à 20h30
- dimanche 26 novembre à 14hSpectacle avec surtitrage adapté en français pour les spectateurs sourds et malentendants :
- samedi 2 décembre à 14hPARMI LES PIÈCES DE FEYDEAU jouées à la Comédie-Française depuis Feu la mère de Madame en 1941, rares sont celles qui n’abordent pas le thème de l’adultère. Il n’est parfois que sous-entendu mais le plus souvent Feydeau affiche l'infidélité de ses personnages que ceux-ci s’épuisent à dissimuler, cultiver, traquer…
Parfois défaillantes ou incontrôlables pour les besoins de l’intrigue, les nouvelles sciences comme l’hypnose et leurs pendants que sont la magie et la croyance permettent d’échapper à la vigilance d’une moitié jalouse (La Dame de chez Maxim). Dans Le Système Ribadier, l’hypnose est au cœur du stratagème du marivaudage qui peut ainsi s’échapper en toute tranquillité. Enfin presque… Quant à la discrète circulation d’une lettre, elle constitue une menace et une source de confusion dès lors qu’elle est transmise au mauvais destinataire (Chat en poche, Monsieur chasse) ou envoyée anonymement au mari pour mettre à l’épreuve sa fidélité (La Puce à l’oreille). Si les retrouvailles se font au domicile conjugal, il faut parvenir à dissimuler l’alter compromettant (Occupe-toi d’Amélie) ! Parfois, au contraire, l’amante veut dévoiler au grand jour la relation (Un fil à la patte).
> Feydeau renonça à intituler sa pièce _Les_ _Maris des deux pôles_ au profit de _L’Hôtel du libre\-échange_, titre sans équivoque !
Généralement, tous les moyens sont bons pour se retrouver, de préférence hors du domicile conjugal, le plus souvent à l’hôtel… ouvert aux indésirables qui surgissent intempestivement (Le Dindon, La Puce à l’oreille). Dans Monsieur chasse, la garçonnière n’est pas mieux protégée du monde extérieur et les couvertures restent le moyen de dissimulation le plus prompt ! À L’Hôtel du libre-échange où les chassés-croisés se multiplient, ce sont des robes qui dénoncent l’épouse infidèle. Cette pièce est la douzième de Feydeau à entrer au répertoire de la Comédie-Française avec la production mise en scène par Isabelle Nanty.
- Visuel : Feydeau Georges – photo. Coll. Alain Feydeau
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Mise en scène : Isabelle Nanty
Scénographie et costumes : Christian Lacroix
Lumières : Laurent Béal
Arrangements musicaux : Vincent Leterme
Travail chorégraphique : Xavier Legrand
Assistanat à la mise en scène : Stéphanie Leclercq
Assistanat à la scénographie : Philippine Ordinaire
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Programme de L'Hôtel du Libre-Échange de Feydeau. Mise en scène Isabelle Nanty, Salle Richelieu 17/18