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Samedi 27 juin à 18h

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Saison hors les murs

Janvier - juillet 2026

La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.

Les spectacles de cette saison hors les murs sont en vente.

Les visites historiques « Sur les pas de Molière » et « Le Paris de Molière » continuent et se déroulent à l’extérieur.
Départ Église Saint-Eustache

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Massacre

de Lluïsa Cunillé
Mise en scène Tommy Milliot
Saison 2019-2020
Du 23 janvier au 8 mars
Durée 1h15
Lieu Studio-Théâtre
Massacre
Pour Tommy Milliot, l’expérience théâtrale est forcément contemporaine. Après l’Américaine Naomi Wallace pour le Festival d’Avignon 2019, le fondateur de la compagnie Man Haast choisit, pour sa première collaboration avec la Troupe, Lluïsa Cunillé : une figure majeure du théâtre catalan et espagnol qui n’a pourtant jamais été jouée en France.

Découvrir la pièce

  • Tuerie de personnes ou d’animaux sans défense autant que processus de destruction psychique ou intellectuelle, Massacre – précise Tommy Milliot – évoque aussi le nom donné au trophée de chasse formé de la tête et des bois d’un cervidé.

    Lauréat du prix Impatience 2016 avec Lotissement de Frédéric Vossier, le jeune metteur en scène continue ici son exploration des écritures contemporaines après Winterreise (Voyage d’hiver) du Norvégien Fredrik Brattberg et The McAlpine Spillway (La Brèche) de l’Américaine Naomi Wallace qu’il crée au Festival d’Avignon 2019. Il choisit pour sa première collaboration avec la Comédie-Française de faire découvrir l’autrice catalane Lluïsa Cunillé, figure majeure du théâtre catalan et espagnol qui n’a pourtant jamais été jouée en France.

    Le huis clos à l’oeuvre dans Massacre est selon le metteur en scène un véritable thriller, une pièce à suspense à la Pinter. La scène se déroule dans un hôtel isolé, à plusieurs kilomètres d’un village qui semble lui-même en cours de désertion. S’y rencontrent deux femmes à un moment charnière de leur vie : la première est sur le point de fermer son établissement faute de clients, la seconde y a réservé une chambre pour la semaine et compte bien y rester. Tel un rituel, dans une atmosphère d’inquiétante étrangeté, elles se retrouvent chaque soir dans le salon. Les mots apparemment ordinaires laissent progressivement entrevoir le trouble qui les habite, jusqu’à l’arrivée impromptue d’un homme qui fait voler en éclats leur équilibre précaire. Adepte d’un théâtre incarné et créateur d’images qui fait la part belle à l’imaginaire des spectateurs, Tommy Milliot célèbre cette écriture simple et vertigineuse.

    NOUVELLE PRODUCTION
    Ce texte fait partie de la sélection 2018/2019 du Bureau des lecteurs de la Comédie Française. Il a été traduit du catalan avec le soutien de la Maison Antoine Vitez, Centre international de la traduction théâtrale.

    Une rencontre avec l’équipe artistique est organisée à l’issue de la représentation, le vendredi 31 JAN vers 19h40.
    Entrée libre pour le bord de plateau, également pour les personnes non munies d'un billet, à la fin du spectacle.

    PRESSE
    « Tout se passe loin de tout, dans le salon d’un hôtel des solitudes. Sur la scène du Studio de la Comédie-Française, le metteur en scène Tommy Milliot nous fait découvrir cette autrice réputée en Espagne. Dirigés avec tact, les acteurs de la maison la servent à la perfection. »
    Médiapart

    « Après son succès au dernier Festival d'Avignon, Tommy Milliot confirme son talent avec ce huis clos anxiogène signé Lluïsa Cunillé. »
    Les Inrocks

    « Grâce à un jeu subtil, précis, et à une mise en scène à l’avenant, le mystère du huis-clos Massacre se déploie dans tout le Studio de la Comédie-Française. »
    Sceneweb.fr

    « Du début à la fin, on est pris par l'indéniable force d'attraction de l'écriture de Lluïsa Cunillé »
    Le Monde

    Le huis clos théâtral fait cohabiter les personnages dans un lieu unique d’où ils ne peuvent sortir. Au sens strict, ils sont peu nombreux dans le répertoire théâtral. La tragédie classique, contrainte par la règle de l’unité de lieu, situe le plus souvent son action dans une salle de palais ou dans une antichambre où les personnages passent et circulent, mais où ils rapportent aussi les évènements extérieurs qui font avancer l’intrigue et, parfois, la font basculer. Le huis clos n’est donc que relatif. En revanche, certaines pièces utilisent le motif dans sa dimension psychologique. Massacre de Lluïsa Cunillé, joue sur les deux tableaux. À partir d’un lieu unique (le salon d’un hôtel), les trois personnages entrent et sortent mais y reviennent irrémédiablement. La relation que tissent les deux femmes rend cet endroit peu à peu indispensable comme espace mental contradictoire : l’une cherche à en sortir sans y parvenir, l’autre veut s’y installer. Le salon où elles vivent leur réclusion relative est aussi la métaphore de toute une région soumise aux aléas du tourisme, que les habitants désertent mystérieusement, attirante et répulsive à la fois. Comme dans la plupart des huis clos théâtraux, les équilibres lentement établis sont rompus par l’arrivée d’un tiers, symbole d’un ailleurs rendant la situation d’enfermement insupportable.

    Les lieux clos constituent des terrains de choix pour les dramaturges désireux d’observer les rapports humains et les comportements qui s’expriment avec plus de vérité en milieu fermé. Ainsi Marivaux explore ces espaces d’enfermement, où le renversement des hiérarchies est enfin possible : les rapports maître/esclaves, hommes/femmes et de domination.
    Certains lieux et sociétés sont particulièrement propices aux huis clos : les îles, mais aussi les prisons, ou encore les congrégations religieuses. La pression qu’exerce le huis clos sur l’individu tient tant au lieu, à l’enfermement, qu’à la charge psychologique qui en découle, tandis que l’extérieur inaccessible génère angoisse et désir. Dans La Maison de Bernarda Alba de Federico García Lorca, la matriarche enferme ses filles pour un deuil de huit ans, les poussant à braver tous les interdits jusqu’au suicide final de la plus jeune qui succombe à la tentation de l’extérieur, de séduire un homme. Le huis clos, l’enfermement, la fluctuation des rapports de force sont des thématiques de prédilection de Jean Genet : dans Haute surveillance ou encore dans Les Bonnes. Réclusion, dépendance, domination et servitude sont au cœur des huis clos modernes dont la pièce de Sartre, Huis clos est le modèle.

    La « sortie » du huis clos est un moment de grande tension dans le théâtre contemporain : Innocence de Dea Loher, Poussière de Lars Norén, Les Damnés d’après Visconti mis en scène par Ivo van Hove, pièces récemment entrées au répertoire de la Comédie-Française, proposent des écritures chorales qui excluent les « sorties provisoires ». Tous les personnages sont présents sur le plateau dès le début de la pièce, et ne le quittent que pour mourir.
    Dans Massacre au contraire, la scène finale permet aux personnages de sortir du huis clos et d’imaginer un autre avenir.

    • Huis clos, 1990, Aumont, Dubois - photo. Claude Bricage © Coll. Comédie-Française
  • Traduction : Laurent Gallardo
    Mise en scène et scénographie : Tommy Milliot
    Lumières : Sarah Marcotte
    Son : Adrien Kanter
    Dramaturgie : Sarah Cillaire
    Assistanat à la mise en scène : Matthieu Heydon

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