Singulis / Molière-matériau(x)
Du 6 avril au 24 avril
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Je voudrais l’évoquer, non pas comme un biographe mais comme un acteur, comme on travaille autour d’un rôle, dans l’addition de sa propre vérité et de celle du personnage auquel on rêve. Je tente d’entendre sa pensée, de comprendre ce qui l’anime, et de voir en quoi, dans sa singularité, il interroge ma propre histoire, et plus généralement la question de la mémoire. Une évocation toute subjective, qui se trouvera sans doute à mi-chemin entre nous deux, et qui, j’espère, parlera à tous.
Ce que je fais, je glane toutes sortes de matériaux, comme pour un chantier : je lis et je tente de me laisser faire. Je voudrais convoquer Jean-Luc Lagarce, et son Malade imaginaire, aussi bien que Musset rêvant à une représentation d’une pièce de Molière qu’il vient de voir. D’autres interlocuteurs, figures, personnages, s'inviteront encore.
J’aimerais que le spectacle garde aussi la mémoire des différentes étapes de sa construction, comme un pan de décor dont on aperçoit l’envers révèle son châssis et les contrepoids qui le font tenir debout, et qu’il épouse ainsi le joyeux chaos qu’est parfois la création, où une idée, un objet, un texte, un mot, en amènent d’autres.»
Nouvelle production
Pierre Louis-Calixte, dans son spectacle, se livre à une interprétation libre et personnelle du personnage de Molière. Nombreux sont les auteurs et artistes à avoir investi Molière et son œuvre dans des formes romanesques (Boulgakov), dans des essais (Stendhal, Chateaubriand, Nerval, Hugo, Copeau, Anouilh, Jouvet), des œuvres poétiques (Musset) et surtout des pièces de théâtres. Les exemples sont ici innombrables : de L’Ombre de Molière de Brécourt (1674) à Jean-Baptiste, Madeleine, Armande et les autres, spectacle programmé de Julie Deliquet en 2022.
Ces interprétations, toujours libres, dressent le portrait de l’homme tel qu’on le projette dans la mémoire collective, à chaque époque : l’artiste modèle et le protecteur des arts au XVIIe et XVIIIe siècles, Molière romantique à partir du XIXe siècle. À son tour, Pierre Louis-Calixte propose sa propre interprétation de Molière et évoque ce que son œuvre a construit dans son parcours d’artiste.