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Vous avez réservé des places pour Le Tartuffe de Molière, mis en scène par Ivo Van Hove et programmé à la Grande Halle de La Villette.

En raison d'un changement dans la distribution du spectacle, nous sommes malheureusement contraints d'annuler la représentation suivante :
Samedi 27 juin à 18h

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Saison hors les murs

Janvier - juillet 2026

La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.

Les spectacles de cette saison hors les murs sont en vente.

Les visites historiques « Sur les pas de Molière » et « Le Paris de Molière » continuent et se déroulent à l’extérieur.
Départ Église Saint-Eustache

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La Dernière Nuit de Don Juan

d'après Edmond Rostand
Adaptation et mise en scène Maryse Estier
Saison 2023-2024
Du 25 mai au 7 juillet
Durée 1h
Lieu Studio-Théâtre
La Dernière Nuit de Don Juan
Deuxième pièce d’Edmond Rostand, avec « Cyrano de Bergerac » programmée cette saison, cette « Dernière Nuit » signe la rencontre de Don Juan avec le Diable, qui avait accepté de lui donner dix années de sursis...

Découvrir la pièce

  • Il vient ce jour à Venise lui réclamer son dû sous l’apparence d’un marionnettiste. Le combat s’amorce alors, Polichinelle s’adressant à l’épouseur du genre humain à travers son castelet. La pièce est une vraie joute oratoire entre ces deux êtres exceptionnels, bientôt rejoints par mille et trois ombres, à savoir les femmes que Don Juan a séduites. Ancienne membre de l’académie de la Comédie-Française, Maryse Estier est passionnée par l’œuvre d’Edmond Rostand, à l’origine de sa vocation pour le théâtre et dont elle a déjà monté L’Aiglon. Pour sa première mise en scène avec la Troupe, elle a choisi sa dernière pièce : « Le savant mélange d’élégance, d’humour et d’enfance qui caractérise son œuvre chavire ici dans un poème dramatique féroce. On y découvre un Rostand auquel on ne s’attend pas : atrabilaire et iconoclaste. » De fait, dans cette déconstruction du mythe de Don Juan, l’auteur au terme de sa vie semble régler ses comptes avec ses propres vanités. Pour parfaire son piège, le Diable s’allie avec les fantômes des mille et trois maîtresses de Don Juan ; en contrepoint des habituelles pleureuses délaissées, elles participent à renverser ses certitudes et par là l’habituel récit masculin de la conquête. La metteuse en scène, qui présentera Marie Stuart de Friedrich Schiller en novembre 2023 au Théâtre Montansier à Versailles dont elle est artiste associée, aime révéler la beauté rythmique de tels textes atemporels. Elle nous fera entrer dans le cauchemar du damné fanfaron, assuré jusqu’au bout de sa superbe sans comprendre à quel enfer le condamnera ce diable facétieux.

    NOUVELLE PRODUCTION

    grande ambassadrice de la création artistique

    **RENCONTRE**

    Nous organisons une rencontre avec le public à l'issue de la représentation du jeudi 20 juin.
    Elle sera animée par Laurent Muhleisen, conseiller littéraire de la Comédie-Française, en présence de Maryse Estier, de Bakary Sangaré et Baptiste Chabauty.
    En libre accès, avec ou sans billet pour la représentation du soir.

    À contre-courant des mouvements naturalistes et symbolistes alors en vogue à son époque, Edmond Rostand entre de son vivant dans la postérité grâce à sa pièce Cyrano de Bergerac dont le rôle-titre, devenu mythique, reste encore aujourd’hui le rêve de bien des comédiens. Celui du jeune dramaturge était d’être joué à la Comédie-Française, il sera finalement exaucé.
    Le premier essai s’avère en effet infructueux : le 13 mars 1891, le comité de lecture se prononce contre la réception de sa comédie en un acte Pierrot qui pleure et Pierrot qui rit. Encouragé par l’administrateur et ami de la famille, Jules Claretie, Rostand propose l’année suivante une comédie en trois actes et en vers, Les Romanesques, variation sur le thème de Roméo et Juliette. La pièce est admise à corrections puis définitivement reçue le 14 juin après que l’auteur l’a retravaillée et resserrée. Créée le 21 mai 1894 avec succès, elle sera jouée régulièrement jusqu’en 1913 et reprise entre 1930 et 1954. Cette première pièce lui confère une place de choix dans le paysage théâtral français. « Dès Les Romanesques, Rostand se montra homme de théâtre. Il avait l’instinct d’une fable ingénieuse, curieuse, originale, à amuser l’imagination. Il avait le don du mouvement, de l’action vive sans être précipitée, ne s’arrêtant jamais et se renouvelant par elle même », écrira Émile Faguet.
    En dépit de cette réussite et de ses amitiés avec quelques sociétaires, le dramaturge porte ses pièces suivantes à d’autres théâtres, et les destine à de grandes vedettes telles que Sarah Bernhardt (La Princesse lointaine en 1895, La Samaritaine en 1897 et L’Aiglon en 1900) et Coquelin aîné (Cyrano de Bergerac en 1897 et Chantecler qui sera finalement créé par son fils, Coquelin cadet en 1910, à la suite de son décès prématuré). La Samaritaine a fait l’objet d’une lecture par la Troupe en 1933 tandis que Chantecler, qui aurait pu être accepté à la condition d’obtenir les droits de présenter Cyrano de Bergerac, ne verra jamais le jour Salle Richelieu.
    Il faut attendre 35 ans après la création des Romanesques, sous l’administration d’Émile Fabre, pour qu’une autre pièce d’Edmond Rostand entre au répertoire de la Comédie-Française. Ce seront Les Deux Pierrots mis en scène par Pierre Bertin et dans des costumes de Charles Bétout. Mais la carrière de la pièce est très courte avec 7 représentations programmées entre 1929 et 1937. Le 19 décembre 1938, Cyrano de Bergerac fait – enfin – son entrée Salle Richelieu, dans une mise en scène de Pierre Dux, des décors et costumes de Christian Bérard et André Brunot dans le rôle-titre. « Il aura fallu quarante ans pour que Cyrano trouve sa vraie place, qu’il ne quittera plus », écrit le comédien, metteur en scène et critique de théâtre André Antoine le soir de la première.
    L’Aiglon, qui raconte l’histoire du duc de Reichstadt, fils de Napoléon Ier et de Marie-Louise d’Autriche, connait une histoire assez rocambolesque. Admise au Répertoire à l’unanimité en 1941, la pièce est confiée au metteur en scène Jean Debucourt qui lance la construction des décors. Dans le contexte de l’Occupation, l’administrateur Jean-Louis Vaudoyer, s’inquiète des allusions politiques et craint des manifestations dans le public, risquant d’entrainer soit la suspension des représentations soit la fermeture du théâtre. « Les évocations de la Grande Armée dans cette atmosphère participaient de
    l’incohérence risible propre à certains cauchemars » écrivait la comédienne Béatrix Dussane dans ses Notes de théâtre. L’administrateur a recours à l’arbitrage du directeur général des Beaux-Arts et d’un représentant qualifié de l’Institut allemand qui décident d’ajourner l’autorisation qui, finalement, ne sera jamais accordée.
    À la Libération, la pièce triomphera comme une oeuvre patriotique pendant deux ans au Théâtre du Châtelet. Salle Richelieu, seuls des fragments de la pièce seront présentés, en 1968 lors d’une soirée littéraire intitulée_Les Deux Aiglon, celui de l’Histoire et celui de Rostand_ (présentation d’André Castelot et réalisation scénique Jacques Toja). Seconde pièce d’Edmond Rostand, avec Cyrano de Bergerac, programmée cette saison, La Dernière Nuit de Don Juan fait découvrir un homme atrabilaire, une facette moins connue de l’auteur. Publié à titre posthumeen 1921, ce poème dramatique peut être lu comme une pièce testamentaire. Depuis la création de L’Aiglon en 1900, bien qu’auréolé de succès, Rostand est accablé par des ennuis de santé et entre dans une crise existentielle profonde. Il pense dès cette période à un poème dramatique consacré à Don Juan, longtemps promis au comédien Charles Le Bargy, mais le projet est balayé par ses préoccupations autour de l’écriture puis de la création de sa fantaisie animalière Chantecler, par les travaux de sa villa à Cambo et surtout par la guerre. La Dernière Nuit de Don Juan est finalement créée en 1922 au Théâtre de la Porte Saint-Martin sans Charles Le Bargy, réengagé comme pensionnaire à la Comédie-Française qu’il avait initialement quittée pour jouer des textes d’Edmond Rostand. Jugée sombre et complexe, la pièce totalise une trentaine de représentations. Les thématiques inhabituelles abordées, le jeu de lumières soulignant les changements d’état d’âme de Don Juan et les effets sonores accompagnant les moments-clés de l’intrigue (selon les indications du dramaturge) ont déconcerté une partie du public.
    En dépit de ses qualités littéraires, La Dernière Nuit de Don Juan, témoin de la postérité du mythe, demeure exceptionnelle sur les scènes françaises.

    Claire Lempereur
    documentaliste à la bibliothèque-musée de la Comédie-Française

  • Adaptation et mise en scène : Maryse Estier
    Scénographie et lumières : Lucien Valle
    Costumes : Anaëlle Misman
    Musique originale et son : John Kaced
    Marionnettes : Adèle Collé

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