Le Silence
d'après l’œuvre d'Antonioni
Mise en scène Lorraine de Sagazan
Du 31 janvier au 10 mars
Découvrir la pièce
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Pour sa première mise en scène à la Comédie-Française, Lorraine de Sagazan relève le défi de créer un spectacle sans paroles afin d’explorer en quoi le théâtre peut être le lieu d’expression de l’état intérieur de personnages. Elle ne propose pas ici l’adaptation d’un scénario d’Antonioni, mais une pièce originale inspirée de sa démarche artistique – depuis la tétralogie autour de « la maladie des sentiments » (L'Avventura, La Nuit, L'Éclipse et Le Désert rouge), jusqu’à ses nouvelles et scenarii non réalisés. La pièce agrège des thèmes chers au cinéaste, tels que la disparition, la déréliction des sentiments et l'instabilité de la perception.
La metteuse en scène, pensionnaire de la Villa Médicis en 2022-2023, collabore depuis longtemps avec l’auteur Guillaume Poix, dès 2019 pour L'Absence de père, une libre adaptation de Platonov de Tchekhov, puis La Vie invisible et Un sacre. Pour ce projet qui ébranle les conventions théâtrales, il a écrit de multiples textes, dont des monologues intérieurs qui ont servi au travail préparatoire des acteurs et actrices.
Ainsi, ils ont créé un spectacle immersif où le public suit l’intrigue non pas grâce à l'interprétation des mots, mais grâce à celle des gestes et des regards, tandis que les moindres détails deviennent d’une éloquence inhabituelle. Au sein d’un dispositif bifrontal, comme dans un long plan séquence avec une unité de lieu et de temps, le spectacle offre aux spectateurs et aux spectatrices la liberté d’opérer leur propre « montage ». Au plus près du plateau, des corps et des visages des interprètes, ils traquent dans les secrets des silences la richesse expressive de leurs paysages intérieurs.
NOUVELLE PRODUCTION
Mise en scène dans un dispositif bifrontal
grande ambassadrice de la création artistique
- Tarif préférentiel pour la projection de La Nuit (9 février) pour les porteurs debillets de la pièce : 7, 50 € au lieu de 11, 82 €
- Tarifs préférentiels pour le spectacle Le Silence (>10 mars) sur présentation de votre billet pour le film : 25 € au lieu de 34 € (Fauteuils) et 22 € au lieu de 30 € (strapontins)
Dans la limite des places disponibles
« Le cinéma, c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière » déclarait Jean Cocteau. Le théâtre aussi, pourrait-on ajouter aux propos de l’écrivain. Également au répertoire de la Comédie-Française, les auteurs, scénaristes et réalisateurs Marcel Pagnol et Sacha Guitry marquent l’histoire tant théâtrale que cinématographique, de l’écriture du projet à son interprétation et sa réalisation derrière la caméra. Les affinités de la Comédie-Française avec le cinéma remontent aux débuts de celui-ci. Ses célèbres acteurs et actrices, comme Sarah Bernhardt ̶ vingt ans après son départ de la Troupe ̶ dans Le Duel d’Hamlet de Clément Maurice, participent à l’aventure dès 1900 et jouent, à partir de L’Assassinat du duc de Guise en 1908, dans les productions du Film d’Art qui partent à la conquête du public de théâtre. La Maison de Molière devient même le sujet d’un tournage pour le grand écran avec Une soirée à la Comédie-Française de Léonce Perret en 1935, réunissant Les Précieuses ridicules de Molière et Les Deux couverts de Sacha Guitry. Elle le sera à nouveau avec Dominique Cabrera (Ça ne peut pas continuer comme ça en 2012) et Claude Mourieras (_Meurtre en trois acte_s en 2016).
Emboitant plus tardivement le pas aux comédiens et comédiennes qui fréquentent les plateaux de tournage, le réalisateur de cinéma s’installe sur celui de la Comédie-Française pour mettre en scène des pièces de théâtre à partir de 1986 (Paul Vecchiali pour La Parisienne d’Henry Becque). L’éclectisme des nombreux réalisateurs sollicités par l’administrateur Jacques Lassalle élargit le champ des propositions. Tandis que Jean-Christophe Averty ̶ spécialiste des collages animés et de la télévision, invité pour son goût du comique – finit par accepter l’opportunité de monter On purge bébé de Feydeau en 1991, Youssef Chahine, formé au théâtre et au cinéma, met à profit la convention que la Comédie-Française avait signé avec la FEMIS (1989) pour faire jouer des élèves de cette école dans sa mise en scène de Caligula d’Albert Camus en 1992. La deuxième vague se forme au début du mandat d’Éric Ruf avec notamment la venue d’Arnaud Desplechin, qui signe sa première mise en scène en choisissant Père de Strindberg (2015) et qui retrouve la Troupe cinq ans plus tard pour Angels in America de Tony Kushner (2020), pièce pour laquelle il recourt au split screen, procédé utilisé au cinéma et matérialisé sur le plateau de la salle Richelieu. Aussi présent au théâtre qu’au cinéma, Christophe Honoré signe pour sa part l’ambitieuse adaptation scénique du Côté de Guermantes de Proust (2021). Ces deux dernières productions étant interrompues par les confinements liés à l’épidémie de la Covid, la Comédie-Française propose aux deux cinéastes de réaliser chacun un long-métrage à partir de leur mise en scène avec les membres des distributions, Angels – salle Escande pour le premier et Guermantes pour le second – Christophe Honoré y jouant son propre rôle.
Les liens que la Comédie-Française tisse entre théâtre et cinéma donne lieu en 2008 à la production d’une collection de films originaux pour la télévision, le projet étant qu’un cinéaste s’empare d’une pièce jouée par la Troupe dans une adaptation cinématographique très libre avec les acteurs et actrices d’une mise en scène présentée Salle Richelieu parfois de façon concomitante. Ainsi, Mathieu Almaric réalise L’Illusion comique (2010) avec la distribution de la pièce montée par Galin Stoev (création 2008), Arnaud Desplechin tourne La Forêt (2013) avec celle de Piotr Fomenko (2003), Valeria Bruni-Tedeschi réalise Les Trois sœurs (2014) avec celle d’Alain Françon (2010). Ces rencontres des genres incluent l’acteur et metteur en scène Vincent Macaigne qui réalise son premier long-métrage avec Dom Juan (2015) où il dirige derrière la caméra les comédiens et comédiennes de la production théâtrale de Jean-Pierre Vincent (2012)
Parce qu’une histoire d’amour est belle quand elle est réciproque, la Comédie-Française s’ouvre à une hybridation des genres où théâtre et cinéma se nourrissent mutuellement, qu’il s’agisse du Voyage de G. Mastorna, un scénario non réalisé de Fellini dont s’empare Marie Rémond en 2023, ou de Fanny et Alexandre que Julie Deliquet crée en 2019 à partir des œuvres romanesque et filmique homonymes d’Ingmar Bergman. Cette entrée au Répertoire du cinéaste succède à celle de Jean Renoir en 2017, lorsque Christiane Jatahy monte La Règle du jeu. Le film-même est ici à la source d’une adaptation qui conserve la forme cinématographique en faisant de la Salle Richelieu une salle de projection pendant les 30 premières minutes, record inégalé dans les spectacles au Français.
De la diffusion d’images captées en direct à la réécriture théâtrale, toutes les formes d’(in)fidélités sont assumées, rendant passionnante cette relation que Le Silence d’après l’œuvre d’Antonioni promet de rendre encore plus éloquente.Florence Thomas, documentaliste à la bibliothèque-musée de la Comédie-Française
Visuel : Répétitions Le Côté de Guermantes, © Jean-Louis Fernandez
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Conception et mise en scène : Lorraine de Sagazan
Scénographie : Anouk Maugein
Costumes : Suzanne Devaux
Lumières : Claire Gondrexon
Vidéo : Jérémie Bernaert
Musique originale et son : Lucas Lelièvre
Collaboration artistique : Romain Cottard
Assistanat à la mise en scène : Mathilde Waeber de l’académie de la Comédie-Française
Assistanat au son : Ania Zante de l’académie de la Comédie-Française
Documents
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Programme du spectacle « Le Silence». de Guillaume Poix et Lorraine de Sagazan d'après l’œuvre d'Antonioni Mise en scène Lorraine de Sagazan. Du 31 janvier au 10 mars 2024 au Théâtre du Vieux-Colombier.
Distribution
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et le chien Miki
Avec la voix de Nicole Garcia