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Saison hors les murs

Janvier - juillet 2026

La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.

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Macbeth

d'après William Shakespeare
adaptation, mise en scène et scénographie Silvia Costa
traduction Yves Bonnefoy
Saison 2024-2025
Du 24 janvier au 11 mai
Durée 2h15 (sans entracte)
Lieu Salle Richelieu
Macbeth
Pour sa deuxième venue à la Comédie-Française, après « Mémoire de fille » d’Annie Ernaux en juin 2023, Silvia Costa choisissait « la pièce écossaise », comme il est d’usage de la nommer par superstition ; d’aucuns allant même jusqu’à appeler le couple assassin « M. » et « Lady M. »

Découvrir la pièce

  • Entrée au Répertoire en 1985, cette tragédie de la nuit continue de fasciner tant par la densité de son action, éminemment sanguinaire, que par la place donnée au surnaturel. La metteuse en scène italienne s’intéresse au destin du général Macbeth à qui trois sœurs fatales ont prédit qu’il accèderait au trône. Dès lors, obsédé par la prophétie, il commet le régicide avec l’aide de son épouse. Au meurtre de Duncan, roi droit et généreux, succède celui de son ami Banquo, témoin gênant. Le couple ploie sous la culpabilité et sombre dans la folie, comme si le roi usurpateur et Lady Macbeth – obnubilée par ses mains qu’elle voit tachées de sang – représentaient une même figure de la complexité humaine. À l’annonce des trois sœurs (« L’immonde est beau, le beau immonde / Planons dans le brouillard et dans les miasmes du monde »), toute la pièce est soumise à une confusion des valeurs qui fait s’étendre l’intime aux mondes moral et politique : entre le bien et le mal, mais aussi entre raison et folie, réel et apparence, soif de pouvoir et transgression, vie et mort, masculin et féminin... Silvia Costa imagine un espace métaphorique, comme une entrée dans le labyrinthe de la conscience du roi. Macbeth, pour qui « la vie n’est qu’un fantôme errant », se découvrira lui-même tandis qu’il fera l’apprentissage de ses pulsions les plus obscures.

    Spectacle créé Salle Richelieu le 26 mars 2024

    À partir de mars 2024, va être rejouée… Chut, prononcer ce titre porte malheur !

    À partir de mars 2024, va être rejouée « la pièce écossaise » de Shakespeare ! L’auteur puise son inspiration dans l’Écosse du XVIe siècle, dirigée par le roi Jacques VI, fasciné par la magie et pourfendeur de la sorcellerie à qui il impute son accident en mer en 1589.
    Shakespeare fait référence à cet événement dans Macbeth, parangon théâtral du surnaturel et du cauchemar dont les représentations seraient placées sous les plus mauvais augures depuis sa création. Selon la légende, l’acteur jouant Lady Macbeth serait décédé subitement et aurait été remplacé par Shakespeare lui-même peu avant la création de la pièce, tandis que l’interprète du roi Duncan aurait péri durant les représentations sous les coups de véritables poignards substitués aux accessoires. Rien que la prononciation du titre porterait malheur, mais les accidents et décès survenus depuis et attribués, dans les pays anglosaxons, à la malédiction frappant cette pièce, semblent avoir épargné la Comédie-Française...

    Récit d’une accession au pouvoir pervertie par une prémonition destructrice, Macbeth compte parmi les pièces les plus sombres de Shakespeare inscrites au répertoire de la Comédie-Française. Effrayantes protagonistes au lever du rideau, trois sorcières apparaissent et disparaissent bientôt mystérieusement devant Macbeth et Banquo incrédules, et le spectre – muet – de Banquo assassiné apparaît bientôt à Macbeth dont l’état psychique donne aux visions et cauchemars une réalité maléfique.

    D’abord jouée dans la version de Ducis (1786), la pièce l’est ensuite dans celle de Richepin (1914) mise en scène par Albert Carré. Les sorcières font apparaître, derrière une toile métallique lumineuse, le spectre (René Alexandre) visible de Macbeth seul. Dans la mise en scène de Jean-Pierre Vincent au Festival d’Avignon en 1985, leurs interprètes vêtues de noir surgissent le crâne rasé émergeant d’une large fraise (costumes Thierry Mugler), dans un nuage de fumée s’étendant sur l’immense prairie au pied de la muraille du Palais des papes funestement balayé, le jour de la première, par un mistral à découronner Malcom (Jean-Yves Dubois) et à provoquer les rires pendant les répliques les plus guerrières.
    Lors de sa reprise qui marque l’entrée au Répertoire du texte de Shakespeare, Jean-Pierre Vincent exploite la machinerie de la Salle Richelieu ou le spectre de Banquo (Alain Pralon) promène son visage, « image d’une horreur dépouillée » à travers le décor gris parcouru de lumières hallucinatoires. Le mauvais sort sera donc à nouveau conjuré avec une nouvelle présentation de Macbeth en 2024.

    QUAND LES TRADITIONS THÉÂTRALES PERPÉTUENT DES CRAINTES ET CROYANCES

    D’autres superstitions restent vivaces. Si l’on peut prononcer aujourd’hui sans crainte « Macbeth » sur les plateaux de théâtre, jamais on n’y entend le mot « corde », terme également banni sur les bateaux. En effet, les premiers machinistes étaient des marins, particulièrement habilités à se déplacer sur d’étroites passerelles suspendues dans les cintres et à manipuler les divers fils et guindes actionnant les rideaux et toiles de décors. De toutes les cordes possédant un nom et une fonction définis sur un navire (amarre, drisse, écoute…), une seule conserve son nom, celle de la cloche et de la pendaison des mutins, qui est donc de mauvais augure !

    Autre interdit verbal, « bonne chance » avant une représentation à remplacer par un « merde ! » plus fleuri, lointaine évocation des voitures à cheval qui déposaient les spectateurs et spectatrices que l’on espérait nombreux. Et le comédien ou la comédienne ne doivent pas remercier ce porte-bonheur mais l’accepter par un « Je prends ! », reconnaissant et poli… D’autre part, est banni l’œillet des fleurs offertes pour une première ou un autre événement car au XIXe siècle, le directeur signifiait le non-renouvellement du contrat d’un comédien en lui envoyant cette fleur, ou, dans le cas contraire, des roses.

    L’origine des superstitions touchant le monde du théâtre est parfois erronée, comme celle relative au bannissement des costumes verts : si la toxicité de l’oxyde de cuivre utilisé pour teindre les tissus en vert pourrait être une piste, il est erroné d’attribuer cette superstition au fait que Molière s’est éteint dans un costume de cette couleur, lui qui mourut à son domicile, dans son costume du Malade imaginaire, qui était rouge.

    Aujourd’hui, chaque soir après le spectacle, à la Comédie-Française et ailleurs, la « servante », cette lampe sur pied qui éclaire les bords du plateau par mesure de sécurité, convoque, aime-t-on dire, les fantômes du théâtre à jouer librement sur scène. Place est ainsi faite aux esprits du Macbeth mis en scène par Silvia Costa…

    Florence Thomas
    Archiviste-documentaliste à la Comédie-Française

  • Adaptation, mise en scène et scénographie : Silvia Costa
    Traduction : Yves Bonnefoy
    Dramaturgie : Simon Hatab
    Scénographie : Michele Taborelli
    Costumes : Camille Assaf
    Lumière : Marco Giusti
    Musique originale et son : Nicola Ratti
    Assistanat à la mise en scène : Alison Hornus et Mathilde Waeber
    Assistanat à la scénographie : Dimitri Lenin
    Assistanat aux costumes : Alma Bousquet
    Assistanat au son : Ania Zante

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