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  • Théâtre à la table Passe ton bac d'abord

Le Soulier de Satin <br>– Intégrale /4

QUATRIÈME JOURNÉE. DIRECTION ARTISTIQUE CHRISTIAN GONON

Le Soulier de Satin <br>– Intégrale /4
  • Théâtre à la table
  • Passe ton bac d'abord
Dans le cadre de notre programmation en ligne inspirée des œuvres au programme du bac, nous lançons avec Le Soulier de satin une série de Théâtres à la table, certains déjà réalisés, d’autres créés cette saison, que nous mettons à disposition de tous et toutes dans notre nouvelle playlist Passe ton bac d’abord.

Pour cette intégrale du Soulier de satin, créé en 2021, les quatre journées qui composent la pièce ont été placées sous les directions artistiques d’Éric Ruf, Gilles David, Thierry Hancisse et Christian Gonon.
Le Théâtre à la table est une forme originale initiée durant les confinements de 2021 : une équipe de comédiennes et comédiens prépare en cinq jours la présentation d’une pièce, dévoilant le travail de lecture à la table qui est habituellement la première étape des répétitions concentrée sur la recherche du sens. Réalisés en direct par Clément Gaubert, les Théâtres à la table offrent l’expérience unique d’un texte agrémentée de ce que la caméra va chercher du regard de ses interprètes, de leurs mots, de leurs silences.

Note de Christian Gonon

Toute la Quatrième journée du Soulier de Satin est contenue dans ce poème de Paul Claudel.

DISSOLUTION

Et je suis de nouveau reporté sur la mer indifférente et liquide. Quand je serai mort, on ne me fera plus souffrir. Quand je serai enterré entre mon père et ma mère, on ne me fera plus souffrir. On ne se rira plus de ce cœur trop aimant. Dans l’intérieur de la terre se dissoudra le sacrement de mon corps, mais mon âme, pareille au cri le plus perçant, reposera dans le sein d’Abraham. Maintenant tout est dissous, et d’un œil appesanti je cherche en vain autour de moi et le pays habituel à la route ferme sous mon pas et ce visage cruel. Le ciel n’est plus que de la brume et l’espace de l’eau. Tu le vois, tout est dissous et je chercherais en vain autour de moi trait ou forme. Rien, pour horizon, que la cessation de la couleur la plus foncée. La matière de tout est rassemblée en une seule eau, pareille à celle de ces larmes que je sens qui coulent sur ma joue. Sa voix, pareille à celle du sommeil quand il souffle de ce qu’il y a de plus sourd à l’espoir en nous. J’aurais beau chercher, je ne trouve plus rien hors de moi, ni ce pays qui fut mon séjour, ni ce visage beaucoup aimé.

Christian Gonon

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