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Vous avez réservé des places pour Le Tartuffe de Molière, mis en scène par Ivo Van Hove et programmé à la Grande Halle de La Villette.

En raison d'un changement dans la distribution du spectacle, nous sommes malheureusement contraints d'annuler la représentation suivante :
Samedi 27 juin à 18h

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Saison hors les murs

Janvier - juillet 2026

La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.

Les spectacles de cette saison hors les murs sont en vente.

Les visites historiques « Sur les pas de Molière » et « Le Paris de Molière » continuent et se déroulent à l’extérieur.
Départ Église Saint-Eustache

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  • Ruy Blas Théâtre à la table Victor Hugo

Note d'intention de Nicolas Lormeau

Théâtre à la table

  • Ruy Blas
  • Théâtre à la table
  • Victor Hugo
Reprise des diffusions avec le Théâtre à la table « Ruy Blas » dirigé par Nicolas Lormeau et réalisé par Clément Gaubert. « Le sujet philosophique de "Ruy Blas", c'est le peuple aspirant aux régions élevées ; le sujet humain, c'est un homme qui aime une femme ; le sujet dramatique, c'est un laquais qui aime une reine. » Victor Hugo.

Texte en lien avec le programme du bas de français en série technologique, parcours maîtres et valets
Diffusion en ligne sur notre site Internet, chaîne YouTube « Passe ton bac d'abord » JEU 5 OCT à 20h30 puis en replay.

En lisant la préface de Ruy Blas, on trouve très clairement exposé, les mécanismes de ce genre théâtral nouveau qu’Hugo tente d’imposer sur la scène française au XIXe siècle : Le drame.

Écoutons-le :

Trois espèces de spectateurs composent ce qu’on est convenu d’appeler le public : premièrement, les femmes ; deuxièmement, les penseurs ; troisièmement, la foule proprement dite. Ce que la foule demande presque exclusivement à l’œuvre dramatique, c’est de l’action ; ce que les femmes y veulent avant tout, c’est de la passion ; ce qu’y cherchent plus spécialement les penseurs, ce sont des caractères. Cela tient à ce que la foule demande surtout au théâtre des sensations ; la femme, des émotions ; le penseur, des méditations. Tous veulent un plaisir ; mais ceux-ci, le plaisir des yeux ; celles-là, le plaisir du cœur ; les derniers, le plaisir de l’esprit. Pour tout homme qui fixe un regard sérieux sur les trois sortes de spectateurs dont nous venons de parler, il est évident qu’elles ont toutes les trois raisons. Les femmes ont raison de vouloir être émues, les penseurs ont raison de vouloir être enseignés, la foule n’a pas tort de vouloir être amusée. De cette évidence se déduit la loi du drame.

Voilà donc la clé du drame Hugolien : le mélange des genres permettant de satisfaire l’appétit du plus grand nombre !

Ainsi le drame Ruy Blas a failli s’appeler « La vengeance de Don Salluste », mais aussi « La Reine s’ennuie », ou bien encore « Le Retour de Don César »… Hugo a finalement choisi Ruy Blas ! Le premier titre évoque l’acte I, le second l’acte II, le troisième l’acte IV et le titre définitif l’acte III ! L’œuvre est à la fois, tragique, dramatique, pathétique, et lyrique ! Ce mélange des genres, c’est exactement cela que l’on appelle le Romantisme.

Pour cette lecture à la table j’ai essayé de faire ressortir les différences de styles, d’enjeux, d’atmosphères propres à chaque acte du drame. La seule vedette de cette lecture étant le texte de Victor Hugo !

Le théâtre de Hugo est excessif, bruyant, enthousiaste et fougueux. L’intrigue s’y déverse en vagues diluviennes qui noient immédiatement les « petits sentiments » sous des flots de passions, de dilemmes grandioses ; où la vie même est mise en balance, où la vengeance s’incarne en haines incontrôlables, où les amours se vivent jusqu’au bout, jusqu’au rien !
Des mondes oniriques et fantasmés où, à l’image des figures mythiques des tragédies antiques, les héros se débattent avec plus fort qu’eux : leurs amours, leurs haines, leur honneur, leurs désirs, leurs illusions et leurs désillusions.
Les héros hugoliens, comme Oreste, comme Phèdre, meurent quand vient la fin du drame ; souvent empoisonnés de leurs propres mains, parfois assassinés par la lame d’un autre. Le drame Hugolien est une tragédie racinienne, où il est parfois permis de rire. Une tragédie antique qui aurait laissé la porte ouverte aux ombres de Dionysos, aux personnages d’Aristophane.

Nicolas Lormeau, directeur artistique.