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Présentation de saison

Présentation de saison
  • Discours
Si l’exercice permet aujourd’hui de présenter et détailler la saison à venir, il consistait autrefois en un véritable compliment, où la flagornerie était de mise pour dompter un public capricieux.

Le mois de juin est aujourd’hui celui des présentations de saison dans les théâtres, en particulier à la Comédie-Française où l’administrateur général officie.
Au XVIIIe siècle, l’orateur de la Troupe venait annoncer au public les bonnes intentions de la compagnie.

Si l’exercice permet aujourd’hui de présenter et détailler la saison à venir, il consistait autrefois en un véritable compliment, où la flagornerie était de mise pour dompter un public capricieux.

En témoigne ce compliment prononcé pour la rentrée de la Comédie-Française, le lundi 27 avril 1767 :

> \[Le\] désir que nous avons de parvenir au bonheur de vous plaire ; c’est l’objet le plus intéressant pour nous, et le seul qui puisse nous flatter.
L'orateur de la Troupe

« Messieurs,

Deux motifs bien précieux pour nous, la reconnaissance et l’attachement le plus respectueux, m’amènent devant vous. Veuillez, Messieurs, recevoir avec cette justice qui vous caractérise, les assurances que j’ose vous en donner pour tous mes camarades.

Vous parler des efforts que nous voulons faire dans le courant de cette année pour varier vos plaisirs ; du zèle avec lequel nous tâcherons d’acquérir des talents qui puissent égaler votre goût et vos lumières ; ce serait vous laisser imaginer que nous comptons nous faire un mérite de nos devoirs.

Permettez-moi donc, Messieurs, de ne vous parler que du sentiment qui nous anime tous, ce sentiment a sa source dans nos cœurs, et dans les bontés dont vous nous avez honorés jusqu’à présent ; Daignez, Messieurs, nous continuer ces mêmes bontés, qu’elles soient à jamais le prix de nos travaux et du désir que nous avons de parvenir au bonheur de vous plaire ; c’est l’objet le plus intéressant pour nous, et le seul qui puisse nous flatter, puisque nous n’avons que ce moyen pour vous prouver bien sincèrement, Messieurs, le respect que nous devons avoir, et que nous aurons toujours pour le public le plus juste et le plus éclairé. »