Cher public,
Vous avez réservé des places pour Le Tartuffe de Molière, mis en scène par Ivo Van Hove et programmé à la Grande Halle de La Villette.
En raison d'un changement dans la distribution du spectacle, nous sommes malheureusement contraints d'annuler la représentation suivante :
Samedi 27 juin à 18h
Janvier - juillet 2026
La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.
Les spectacles de cette saison hors les murs sont en vente.
Les visites historiques « Sur les pas de Molière » et « Le Paris de Molière » continuent et se déroulent à l’extérieur.
Départ Église Saint-Eustache
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Le Soulier de satin à la Comédie-Française
Le Soulier de satin de Paul Claudel est créé le 27 novembre 1943, Salle Richelieu, dans une version abrégée par le metteur en scène Jean-Louis Barrault, en étroite collaboration avec l’auteur.
Œuvre-monde réputée injouable, dont l’écriture s’étend de 1918 à 1923, la pièce, composée de quatre journées et dont la durée totale excède huit heures de représentation, est créée dans une version abrégée, à une époque où le pari semblait plus que jamais impossible. Le metteur en scène est face à de multiples difficultés et parvient à déjouer les plans de l’occupant, devancer la censure et s’adapter au couvre-feu et aux sirènes d’alerte qui interrompent régulièrement les représentations.
En 2021, durant le confinement, Éric Ruf décide de monter cette œuvre monumentale lors de quatre séances filmées, dans le cadre des Théâtres à la table, tour à tour dirigées par lui-même, Gilles David, Thierry Hancisse et Christian Gonon, tandis qu’acteurs et actrices s’échangent les rôles de journée en journée, selon la tradition de l’alternance Salle Richelieu.
Après cette forme de création originale, Éric Ruf choisit de déployer la langue de Claudel Salle Richelieu dans une scénographie s’appuyant sur le rapport historique entre la machinerie de théâtre et la marine à voile.
Cette exposition revient sur la création de l’œuvre à travers des photographies Harcourt, des maquettes de costumes et de décors de Lucien Coutaud, et quelques archives – parmi lesquelles une lettre de Claudel au metteur en scène, sauvée de l’occupant allemand – témoignant de la mise en scène exceptionnelle de cette pièce hors normes.
Exposition présentée au Studio-Théâtre de septembre 2024 à janvier 2025.
Le Soulier de satin
Paul Claudel a débuté l’écriture du « Soulier de satin » qu’il décrit, dans une lettre de 1920, comme une « énorme pièce dans le style espagnol avec une multitude de scènes qui se passeront à tous les coins de la terre et même dans l'autre monde ».
Jean-Louis Barrault amorce un compagnonnage avec Paul Claudel après leur rencontre en 1937, et entretient une abondante correspondance avec l’auteur dès 1939. Il entreprend plusieurs visites à Brangues, en zone libre, où est installé Claudel, en janvier puis en juin 1942, afin de le convaincre de la réalisation possible de son projet de mettre à la scène « Le Soulier de Satin ». Il obtient l’accord de l’auteur et revient de sa dernière expédition avec une autorisation écrite de sa main. Saisie par l’occupant au cours du voyage, déchirée, il parvient à la retrouver dans les couloirs du wagon et à en recoller les morceaux. Cette lettre est aujourd’hui précieusement conservée dans le fonds de la bibliothèque-musée de la Comédie-Française.
Cette première mise en scène du « Soulier de satin » exige un important resserrement du texte. Pour cette version dite pour la scène, Paul Claudel accepte les nombreuses coupes faites sur le texte original de 1929 conformément aux vœux de l’administrateur Jean-Louis Vaudoyer et de Jean-Louis Barrault. Seule cette scène finale de la troisième journée a fait l’objet d’une véritable réécriture.
Paul Claudel écrit son drame entre 1919 et 1924, alors qu’il est ambassadeur de France à Tokyo. Il publie la pièce chez Gallimard en 1928 et 1929 en quatre volumes successifs correspondant aux quatre « journées » de cette « action espagnole ». Une édition ordinaire en un volume paraît en 1930.
Une création grandiose sous l’Occupation. La première représentation, donnée le 27 novembre 1943 avec deux mois de retard sur le planning prévu, fait salle comble.
Homme de théâtre complet, Claudel est « un artisan de théâtre » qui s’intéresse à tous les éléments de la mise en scène, depuis les accessoires jusqu'au jeu des acteurs, en passant par les costumes, les décors et la musique. En décidant de monter « Le Soulier de satin » à la Comédie-Française, qu’il appelle affectueusement « le couvent », Jean-Louis Barrault s’aperçoit qu’il parvient à donner une « réponse de vitalité à une période d’occupation ». Paul Claudel fait le voyage à Paris, dix jours avant la première, pour assister aux répétitions.
Paul Claudel s’intéresse de près à la diction des comédiens. Dans une lettre adressée à Jean-Louis Barrault le 7 décembre 1943, il écrit : « La diction des acteurs, sans doute grâce à vous, est bien perfectionnée. Il a néanmoins des observations à faire à Mary Marquet (l’Ange gardien) et à [Maurice] Donneaud (le Père jésuite et Saint-Jacques). « En règle générale », poursuit l’auteur, « tout acteur du Th. Fr. doit se demander : qu’aurait fait Mounet-Sully à ma place ? (un tempérament magnifique pourtant !) Et ne pas le faire ! ».
Marie Bell, fut la première Dona Prouhèze de Paul Claudel. Après avoir lu le manuscrit déposé par son auteur, elle lui dit « Monsieur, c’est sûrement merveilleux mais je vais vous avouer une chose, je ne comprends rien ! ». C’est alors qu’ils sont devenus très amis.
Les scènes sont remplacées dans le registre de mise en scène de la Comédie-Française par des « tableaux » auxquels Jean-Louis Barrault a donné, dans ses notes de travail, des titres liés aux décors.
La mise en scène de ce monument claudélien devient pour Jean-Louis Barrault un projet artistique qui révolutionne le Répertoire, tout autant qu’un enjeu esthétique qui bouleverse la scène.
Jean-Louis Barrault évoque une « bataille homérique » pour garder dans cette version abrégée ce qui leur tient le plus à cœur : « « Le Soulier de satin » avec ses 33 tableaux définitifs et ses 90 numéros d’éclairages, cette centaine de costumes, ses 18 musiciens, ses changements à vue qui n’étaient justifiables que dans un certain rythme, fut l’objet d’une mêlée unique au milieu de laquelle Claudel et moi nous eûmes beaucoup de mal à sauver ce à quoi nous tenions le plus ».
Jean-Louis Barrault fait entrer au Répertoire de la Comédie-Française « Le Soulier de satin » de Paul Claudel, qu'il met en scène et interprète.
Jean-Louis Barrault apporte sa réflexion sur la pantomime et propose plusieurs scènes mimées qui donnent à penser autrement le rythme et l'image scéniques.
Les premiers mots de l’Annoncier précisent le lieu et le temps dans lesquels s’inscrit le récit : « La scène de ce drame est le monde et plus spécialement l’Espagne à la fin du XVIe, à moins que ce ne soit le commencement du VIIe siècle. »
Le bateau-proue « devant Mogador ». Paul Claudel donne des directions scéniques laissant libre cours à l’improvisation, voir à un certain désordre, et autorisant les changements de décor à vue, parfois avec l’aide des artistes eux-mêmes.
Jean-Louis Barrault, entré comme pensionnaire à la Comédie-Française en 1940 et nommé sociétaire le 1er janvier 1943, interprétait lui-même le rôle de Don Rodrigue aux côtés de Marie Bell (Doña Prouhèze).
Arthur Honegger compose la musique du « Soulier de satin ». La bibliothèque-musée conserve une partition d’orchestre manuscrite incomplète contenant 23 sections musicales (notamment le thème de la mer).
« Nous nous sommes attaqués à cette œuvre monumentale avec humilité et gourmandise, approchant le secret du poète caché au sein de ces quatre Journées, ou comment Claudel inscrit-il ses amours illicites dans une liturgie aussi savante que personnelle.
Quelques maquettes de bateaux, des tables bien-sûr, quelques cols espagnols et quelques plumes d’anges, les comédiennes et les comédiens de la Troupe et les caméras de notre réalisateur, Clément Gaubert », extrait de la note d’Eric Ruf.
Avec cette proposition, Gilles David rend hommage à Antoine Vitez qui l’a dirigé dans sa mise en scène de la pièce au festival d’Avignon en 1987 et célèbre ce « moment si particulier que fut la création de ce spectacle ».
Il souhaite se plonger avec ses camarades de troupe dans ce récit « comme on feuillette un livre d’images, les acteurs se succédant sur scène comme se succèdent les pages du récit, réveillant parfois des souvenirs de répétitions, faisant revivre de temps à autre la parole d’Antoine Vitez ».
Toute la quatrième journée du « Soulier de Satin » est contenue dans ce poème de Paul Claudel, DISSOLUTION : « Et je suis de nouveau reporté sur la mer indifférente et liquide. Quand je serai mort, on ne me fera plus souffrir. Quand je serai enterré entre mon père et ma mère, on ne me fera plus souffrir. On ne se rira plus de ce cœur trop aimant. […] ».
« Sous prétexte du conte historique, l’œuvre nous projette sur le grand chemin des duels philosophiques, des débats d’idées contradictoires qui traversent et déchirent l’humanité́ depuis sa genèse.
Pour les acteurs, il s’agira de se perdre, se noyer, s’oublier aux mots de Claudel. Laisser la langue, s’emparer de soi, sans réfléchir au comment. Se présenter vide et laisser les mots nous remplir et nous colorer », extraits de la note de Thierry Hancisse.
Un « drame d’amour » en forme de traversée de vingt ans, construite en quatre journées. Cette version scénique d’Eric Ruf dure environ sept heures. Elle se déploie dans une scénographie s’appuyant sur le rapport historique entre la machinerie de théâtre et la marine à voile.
L’action prend place pendant la Renaissance espagnole et la conquête du Nouveau Monde, à l’époque des conquistadors et des navigations sur des mers plus ou moins connues. Elle conte l’amour absolu et impossible de Rodrigue et de Doña Prouhèze, dont le désir infini ne peut se satisfaire des limites humaines.
Informations pratiques
Exposition réalisée au Studio-Théâtre par la Bibliothèque-Musée de la Comédie-Française au cours de la saison 2024-2025.
Pour tout renseignement, s’adresser à : Mélanie Petetin au 01 44 58 14 78 –
melanie.petetin@comedie-francaise.org
Copyright pour toutes les reproductions : ©Coll. Comédie-Française
L’utilisation de ces images est strictement limitée à cette exposition. Toute autre utilisation nécessitera une autre demande auprès de la bibliothèque-musée de la Comédie-Française.